Le chauffage aux copeaux de bois fonctionne depuis début janvier avec un taux d’utilisation presque doublé. En plus des bâtiments résidentiels et industriels déjà raccordés, BWB s’approvisionne désormais en énergie thermique durable à partir de bois régional de Nidwald. L’énergie obtenue est utilisée à la fois pour le chauffage des bâtiments et pour les processus de production à forte consommation d’énergie, ce qui permet de réduire largement l’utilisation de combustibles fossiles.
"La puissance de combustion du chauffage aux copeaux de bois est un facteur décisif", explique René Niederberger, chef de projet au sein de l'équipe d'entretien de BWB, qui fait également partie de la corporation Uerte de Dallenwil.
"Les bains à haute température de BWB nécessitent une température de départ d'au moins 105 degrés. La plage de température autorisée est très étroite, c'est pourquoi l'ajustement exact de la fourniture de chaleur constitue un défi technique central", précise René à propos des besoins énergétiques de l'usine d'anodisation.
Points forts et défis techniques
La chaleur de retour du premier transfert d'énergie est réutilisée efficacement. Elle alimente des installations de bains supplémentaires et sert, à un niveau de température plus bas, à chauffer l'ensemble du complexe de bâtiments. La chaleur excédentaire est stockée temporairement dans un accumulateur à stratification situé sur le côté nord du BWB. L'énergie produite par l'installation photovoltaïque et la chaleur résiduelle des systèmes d'air comprimé y sont également intégrées dans le système global.
L'un des principaux avantages du réseau de chaleur réside dans l'utilisation décalée de l'énergie. Les installations de production de BWB sont préchauffées à partir de minuit, ce qui permet d'utiliser les pics de charge de manière ciblée et de réduire continuellement les besoins en énergie au cours de la journée. Le chauffage au fioul de l'entreprise reste disponible en tant que système de secours redondant et peut être utilisé en cas de besoin aussi bien pour le fonctionnement interne que pour l'ensemble du réseau de chaleur.
En tant que lien entre les deux organisations, René Niederberger accompagne le projet d'un point de vue technique et opérationnel : "Pour Uerte, l'extension signifie une utilisation optimale de l'infrastructure énergétique. Pour BWB, l'intégration dans le réseau de chaleur permet de franchir une nouvelle étape importante sur la voie de la décarbonisation progressive de ses processus de production".
Échanges professionnels internes
Verantwortliche für Unterhalt und Energiemanagement aller BWB-Standorte verschaffen sich ein Bild des Wärmeverbunds.
Les responsables de la maintenance et de la gestion énergétique des sites BWB ont pu se faire une idée du réseau de chaleur lors de la journée portes ouvertes. René Niederberger a fait visiter les installations et les échanges ont suscité des discussions passionnantes sur l'efficacité énergétique et la décarbonisation.
Questions et réponses à René Niederberger
Nur wenige Grad Spielraum: Die präzise Abstimmung der Wärmeeinstellungen sichert einen reibungslosen Produktionsablauf.
Qu'est-ce que la "décarbonisation" ? Nos objectifs sont-ils désormais atteints ?
René : La décarbonisation signifie pour nous la réduction progressive des émissions de CO₂ par le remplacement des énergies fossiles dans nos systèmes de production et de bâtiment. En nous connectant au réseau de chaleur, nous parvenons en temps normal à un fonctionnement totalement exempt d'énergies fossiles pour l'exploitation de l'usine d'anodisation ainsi que pour le chauffage du bâtiment.
Nos objectifs sont donc en grande partie atteints dans ce domaine. Dans d'autres domaines, notamment dans la logistique et les processus en amont, nous restons dépendants des énergies fossiles. La décarbonisation est donc pour nous un processus continu et n'est pas encore achevée.
D'où provient le bois utilisé pour le réseau de chaleur ?
René : Le bois provient des forêts de ban et de protection de Nidwald, qui sont entretenues par les corporations régionales et sécurisent notamment les pentes susceptibles de glisser. Le bois produit est stocké dans des centres de collecte régionaux, transformé sur place en copeaux de bois et livré directement aux réseaux de chaleur. Cela permet de réduire les distances de transport et d'utiliser une matière première renouvelable, tout en créant un circuit énergétique régional fermé.
Comment fonctionne le stockage en couches chez BWB et quels sont les facteurs déterminants ?
René : L'accumulateur à stratification sert de réservoir d'énergie thermique dans lequel la chaleur est stockée temporairement et de manière ciblée à différents niveaux de température. La stratification stable de la température est déterminante : l'eau chaude s'accumule dans la zone supérieure, l'eau plus froide reste dans la zone inférieure.
La conception verticale et élancée du ballon de stockage favorise cette séparation claire des couches de température. En même temps, il est important d'éviter les turbulences d'écoulement, car elles détruiraient la stratification et réduiraient la qualité de l'énergie utilisable.
Un apport d'énergie continu et régulier - provenant aussi bien du chauffage aux copeaux de bois, de l'installation photovoltaïque que de la chaleur résiduelle des systèmes à air comprimé - permet de maintenir les zones de température stables et de fournir la chaleur aux différents consommateurs du système en fonction de leurs besoins.
Quel a été le plus grand défi de la mise en œuvre ?
René : L'un des défis a été l'analyse des besoins en amont. Nous avons dû examiner de manière critique notre cadre opérationnel existant et parfois le modifier délibérément.
Le passage à un réseau de chaleur externe nécessite des adaptations techniques tant du côté de l'offre que de la demande, par exemple en ce qui concerne les techniques de régulation, les fenêtres de température et les temps de fonctionnement et de démarrage. En même temps, elle implique un changement de paradigme : on passe d'un approvisionnement énergétique purement interne à un système en réseau basé sur la coordination, la flexibilité et l'optimisation commune.
Et que se passe-t-il ensuite ?
René : L'étape suivante consiste à faire passer le système pour la première fois par un cycle saisonnier complet dans les nouvelles conditions. Comme le chauffage aux copeaux de bois nécessite un délai plus long que le chauffage au fioul, l'accent est mis sur l'anticipation de l'adéquation entre l'offre et la demande de chaleur.
C'est précisément pendant les périodes de transition entre le fonctionnement hivernal et le fonctionnement estival que la régulation et les plages de température font l'objet d'un réglage plus fin afin d'assurer un fonctionnement durablement stable et efficace.